Les chiffres de la ponctualité sont tombés, et ils risquent de faire grincer quelques dents en région parisienne. Au printemps 2026, les usagers des RER B et C toucheront bien une compensation financière pour les retards accumulés l’année précédente, mais le filet s’est considérablement resserré. Le dispositif d’indemnisation mis en place en 2021 ne couvrira plus que deux axes ferroviaires, contre cinq en 2024 et pas moins de quinze en 2023. Les heureux élus, si l’on peut s’exprimer ainsi, se trouvent sur le nord du RER B, entre Aulnay-sous-Bois et Mitry-Claye en Seine-Saint-Denis, ainsi que sur la ligne C entre Dourdan et La Norville dans l’Essonne. Officiellement, la règle est stricte : on indemnise automatiquement les détenteurs du pass Navigo dès lors que la ponctualité d’un tronçon dégringole sous la barre des 80 % pendant au moins trois mois dans l’année.
Un fossé entre les statistiques et le ressenti
À première vue, on pourrait croire que les trains de la banlieue parisienne arrivent de plus en plus à l’heure, comme le suggèrent les données d’Île-de-France Mobilités (IDFM). D’ailleurs, la ligne A fait carrément figure de première de la classe. Fréquentée comme aucune autre en Europe, elle a bouclé l’année avec un taux avoisinant les 94,5 %, gagnant encore un point par rapport à 2024 et dépassant allègrement les objectifs contractuels. Mais le bât blesse ailleurs, notamment sur les lignes D et E qui passent totalement à la trappe. Marc Pélissier, président de l’antenne francilienne de la Fnaut (la fédération des usagers des transports), ne cache pas son incompréhension dans les colonnes du Parisien. Pour lui, voir seulement deux tronçons indemnisés est en décalage flagrant avec la réalité quotidienne des voyageurs. Les habitués du RER D apprécieront d’autant moins la nouvelle qu’il s’agit de la ligne ayant accusé la plus forte chute de régularité.
L’anticipation et le suivi en temps réel outre-Atlantique
Pendant que l’Île-de-France gère le service après-vente de ses retards, un autre réseau de transports publics, qui exploite par pur hasard un planificateur de trajet également baptisé « Navigo », mise tout sur l’anticipation technologique. À Winnipeg, au Canada, la régie locale vient tout juste de déployer une fonctionnalité de géolocalisation particulièrement attendue. Les voyageurs peuvent désormais suivre la progression de leur bus presque à la seconde près sur une carte interactive. Cette nouveauté est accessible directement via l’application Winnipeg Transit, le site web de la ville, ou l’outil de recherche d’itinéraires Navigo.
Une technologie réparée au service de la transparence
Fini l’attente à l’aveugle sous la pluie ou dans le froid. L’outil permet de visualiser les véhicules affectés à un trajet imminent, de scruter l’ensemble d’une ligne ou même de vérifier la position exacte des cinq prochains bus en approche vers un arrêt précis. Un simple clic sur l’icône du véhicule indique à quand remonte la dernière mise à jour de sa position par GPS. Janice Lukes, présidente de la commission des travaux publics de la ville, y voit une étape cruciale pour fournir aux usagers les informations nécessaires pour se déplacer en toute confiance. Seule petite contrainte technique, inhérente au système : un bus dont la balise cesse d’émettre disparaît instantanément de la carte. Heureusement, la municipalité s’est voulue rassurante sur ce point, affirmant que le réseau GPS, qui avait d’ailleurs enchaîné les pannes générales à l’été et à l’automne derniers, a désormais retrouvé un fonctionnement optimal.